
Protéger sa maison contre les cambriolages suppose de comprendre d’abord comment le risque a évolué. Les données du SSMSI montrent que près de 40 % des intrusions en 2024 ont lieu alors qu’au moins une personne est présente au domicile, contre environ 31 % en 2022. Ce glissement change radicalement la nature des dispositifs à privilégier : la protection ne concerne plus seulement les absences prolongées, mais aussi les moments où vous êtes chez vous.
Cambriolages en présence des occupants : ce que les statistiques révèlent
La plupart des guides de sécurité domestique raisonnent comme si le logement était toujours vide au moment de l’intrusion. Les chiffres récents contredisent cette hypothèse.
| Indicateur | 2022 | 2024-2025 | Tendance |
|---|---|---|---|
| Part des intrusions en présence d’occupants | Environ 31 % | Près de 40 % | Hausse marquée |
| Cambriolages de logement (année pleine) | – | 211 596 en 2025 | Baisse d’environ 3 % sur un an |
| Évolution depuis 2016 | – | – | Recul de près de 15 % |
| Mois de juillet 2026 | – | 18 665 logements visés | Hausse de 7,1 % sur un an |
Le volume global recule sur plusieurs années, mais la part d’intrusions en présence d’habitants augmente nettement. Ce décalage a une conséquence pratique directe : un système qui se limite à dissuader pendant les vacances ne couvre plus qu’une partie du risque.
Pour explorer les solutions maison de Protect Habitation, il est utile de garder cette donnée en tête, car elle oriente le choix entre dispositifs passifs et actifs.
Serrures, portes et fenêtres : renforcement physique contre intrusion rapide
Les cambrioleurs passent majoritairement par la porte d’entrée ou les fenêtres du rez-de-chaussée. Renforcer ces deux points réduit la probabilité d’effraction bien davantage que n’importe quel gadget connecté installé seul.

Serrures multipoints certifiées A2P
Une serrure à trois ou cinq points de verrouillage certifiée A2P résiste à des tentatives d’effraction pendant plusieurs minutes. Ce délai est décisif : la majorité des cambrioleurs abandonnent au-delà de trois minutes de résistance.
Vitrage anti-effraction et volets roulants
Les fenêtres équipées d’un vitrage feuilleté retardent l’intrusion sans empêcher la lumière naturelle. Les volets roulants en aluminium ajoutent une couche de résistance mécanique, en particulier la nuit ou pendant les absences courtes.
- Serrure multipoints A2P sur la porte d’entrée : premier investissement à envisager, car la porte reste le point d’accès principal.
- Vitrage feuilleté sur les fenêtres du rez-de-chaussée : retarde l’effraction et réduit le bruit de casse, ce qui limite l’effet de surprise recherché par l’intrus.
- Volets roulants en aluminium avec verrou intégré : barrière physique supplémentaire, efficace même quand vous dormez.
Ces mesures physiques fonctionnent sans électricité, sans abonnement et sans connexion internet. Leur fiabilité ne dépend d’aucun serveur distant.
Alarme, détecteurs de mouvement et télésurveillance : comparer les niveaux de protection
Un système d’alarme ne remplace pas un renforcement physique. En revanche, il complète la dissuasion par une réaction immédiate. La différence entre une alarme autonome et un service de télésurveillance tient à ce qui se passe après le déclenchement.
Alarme locale sans abonnement
Une sirène intérieure ou extérieure alerte le voisinage. L’efficacité dépend entièrement de la réactivité des personnes à proximité. En zone isolée, une sirène seule a un effet limité.
Télésurveillance avec levée de doute
Un opérateur vérifie la nature de l’alerte (caméra, micro, capteur) avant de prévenir les forces de l’ordre. Ce processus, appelé levée de doute, évite les interventions inutiles et accélère la réponse en cas d’intrusion confirmée. Le coût mensuel d’un abonnement de télésurveillance varie selon les prestataires, mais il représente un poste récurrent à intégrer dans le budget.
Les détecteurs de mouvement extérieurs couplés à un éclairage automatique constituent un intermédiaire intéressant. Ils n’ont pas besoin d’abonnement et créent un effet dissuasif visible dès l’approche du logement.
Simuler sa présence et protéger son domicile au quotidien
La hausse des intrusions en présence d’occupants ne rend pas caduques les stratégies de simulation de présence. Elles restent pertinentes pour les absences courtes, les week-ends et les vacances.

Les simulateurs de présence programmables allument et éteignent les lumières selon des plages horaires aléatoires. Certains modèles connectés pilotent aussi la télévision ou la radio. Un logement qui semble habité réduit le risque d’être ciblé lors du repérage.
Quelques précautions complémentaires changent la perception qu’un cambrioleur a de votre domicile :
- Ne jamais publier vos dates de vacances sur les réseaux sociaux : c’est un signal d’absence exploité lors du repérage préalable.
- Demander à un voisin de relever le courrier et de varier le stationnement devant chez vous.
- Effacer les marques suspectes (traits à la craie, autocollants) qui peuvent apparaître sur votre façade ou votre boîte aux lettres, car elles servent parfois de code entre malfaiteurs.
Confrontation à domicile : un risque à intégrer dans la stratégie de protection
Quand l’intrusion survient en votre présence, la priorité passe de la protection des biens à la sécurité des personnes. Les dispositifs adaptés à ce scénario sont rarement mentionnés dans les guides classiques.
Un bouton de panique relié à un service de télésurveillance permet de déclencher une alerte silencieuse sans confronter l’intrus. Placé dans la chambre ou près du lit, il offre une réponse discrète. L’objectif est d’éviter toute confrontation physique, qui représente le principal danger lors d’un cambriolage en présence.
Prévoir un itinéraire de sortie rapide depuis les pièces de nuit, vérifier que les fenêtres de ces pièces s’ouvrent facilement : ces réflexes simples ne coûtent rien et peuvent faire la différence dans une situation où chaque seconde compte.
La protection d’une maison repose sur la combinaison de barrières physiques, de dispositifs d’alerte et de comportements quotidiens. Les chiffres de 2024-2025 montrent que le risque d’intrusion en présence est désormais le scénario à anticiper en priorité, pas seulement l’absence prolongée. Adapter ses équipements à cette réalité statistique, c’est protéger les occupants autant que les biens.